LES STEPPES ET LE GOBI (23 juillet 2013)

(comme toujours, extraits du journal de Micheline, photographies de Josiane, Micheline et Denys)

Mardi 16 juillet 2013

Journée relax ( !) au même endroit (GOBI MIRAGE). Depuis l’aube, vent soutenu. Beau temps. Denys a tenté de ranimer son PC (ndlr : ordinateur de navigation) sans succès. Réparations en tout genre dans le véhicule disloqué par la rigueur des pistes. Repas à la yourte et … douches pour tout le monde. Avec une horde d’Anglaises d’un âge canonique. Le nôtre, quoi.

Mercredi 17 juillet 2013

Visité le Volyn Am Canyon. Très fréquenté par les touristes. On y parlait l’anglais, l’allemand, le français et … même l’espagnol. Le musée présente, sous forme empaillée et poussiéreuse, la faune du Gobi. Il recèle même des ossements et des œufs de dinosaures trouvés dans la région. Quelques boutiques de souvenirs et de l’artisanat local. C’est joli, mais une fois en Suisse ? La piste nous a conduits jusqu’à Bayandalai pour faire les pleins nécessaires. Le canyon visité ce matin n’avait rien de transcendant. On aurait dû y trouver des glaces éternelles, mais que nenni non point. Le réchauffement de la planète paraît-il.

Jeudi 18 juillet 2013

Ce matin, pluie battante. Rejoint la piste dans des conditions pas trop mauvaises, malgré la visibilité restreinte. Puis, tout est devenu précaire. Le sol glaiseux n’absorbant que très lentement l’eau, tout s’est transformé rapidement en bourbier. La piste inondée est devenue rivière boueuse. Nos tentatives d’évitements des zones d’ensablement furent hasardeuses. Prudence s’imposant, nous nous sommes arrêtés sur un coin de gravier entre deux torrents. Au bout d’un très long moment de cogitations, le ciel s’est quelque peu éclairci à l’horizon, et la pluie s’est faite moins dense. (…) Nous avons redémarré dans des mares glauques qui giclaient nos véhicules jusqu’au toit. Cette glaise collante qui constitue le sol de la région nous a obligés à des prodiges de conduite en dérapés, en saccades, en accélérations puis en freinages subits devant un trou béant sur la piste ravinée. Denys, les roues enrobées de ce délicieux ciment, s’est embourbé au passage d’un gué. Jean-Claude l’a sorti de sa malheureuse posture. Quelques kilomètres plus loin, il a fallu dépanner un 4×4 mongol plein de touristes. Sortis de ces sols inhospitaliers,nous avons retrouvé l’éternelle tôle ondulée des « routes » mongoles, agrémentée de délicieux ravinements dus à la pluie. (…) Ce soir, bivouac en face des premières dunes du Gobi près d’un camp de yourtes et repas mongol. Il fait beau mais le vent est omniprésent. Nos véhicules n’ont plus la couleur réglementaire du permis de circulation ! Demain, Khongor, les plus hautes dunes du Gobi mongol.

Vendredi 19 juillet 2013

Longé le cordon de dunes jusqu’à plus de piste. Laissé les chiens s’ébrouer dans le sable fin. Paysage magnifique avec oueds en eau au premier plan, dunes au second et montagnes rocheuses au troisième. (…) Rencontré deux Valaisans de Visperterminen. Réparé deux fois la fixation du frigo, la troisième est prévue ce soir. (…). Progression lente en raison des sites à visiter et de l’état des pistes.

Samedi 20 juillet 2013

Arrêt nourriture, diesel et eau à Bulgan. Réparation d’un pneu à Jean-Claude qui a passionné quelques villageois. Visite de Bayanzag, roches rouges d’où furent extraits des restes d’ossements et des œufs de dinosaures. Bivouac près d’un camp de yourtes, où nous profiterons du « restaurant » le soir. Réparation du Wallas (ndlr : cuisinière à carburant diesel) qui a sombré, dans une odeur de calamine pestilentielle.

Dimanche 21 juillet 2013

Une piste assez extraordinaire, genre celle qu’on rencontre au Sahara, nous a offert fonds d’oueds sablonneux mais fermes, et hamadas bien roulantes. Super ! On a pu passer la cinquième, ça faisait longtemps que ça ne s’était pas produit !  Monastère de Ongiin Khiid fermé.(…) Ce soir, l’orage menace. Nous nous sommes arrêtés sur une hauteur, entre deux pistes, en prévision de la pluie. Les véhicules sont bien assez crépis comme ça ! Vent très fort.

Lundi 22 juillet 2013

De notre dernier bivouac, nous pensions passer par Bayangol et rejoindre Arvaikheer. Eh bien non, nous avons « atterri » à Bayan Ulan (ndlr : l’ordinateur de navigation ne fonctionne toujours pas ). Mais cette piste hors de la carte et inconnue du Garmin valait qu’on musarde hors des sentiers battus ! Quelques yourtes éparses meublent un paysage infini et verdoyant. Des troupeaux ça et là. Et, pas de tôle ondulée. La moyenne de consommation de diesel est du coup passée de 18 à 12 litres ! Ce soir, point de chute à Kharkhorin (Karakorum). Visite des lieux demain. Bivouac le long d’une rivière où quelques baigneurs s’ébrouent dans une eau terreuse. La région devient plus montagneuse et la forêt recouvre certaines collines, chose plus vue depuis longtemps.

A bientôt.

… et les photos:

PREMIÈRES IMPRESSIONS DE MONGOLIE (16 juillet 2013)

Dans notre dernière « carte postale » (envoyée depuis la capitale Oulan Bator, la capitale mongole), nous avions abandonné notre récit à la frontière russo-mongole. Aujourd’hui, 22 juillet, nous sommes à Karakorum, la cité impériale, très touristique, après une visite du sud de cet immense pays. Cela fera l’objet de notre prochaine « CP ». Quelques extraits de notre journal :

Dimanche 7 juillet 2013

En descendant (montant ?) sur la capitale, nous bifurquons sur une piste pour visiter le monastère de Amarbayasgalant, dont les moines auraient, selon le guide en notre possession, été formés à l’école tibétaine de Genève. Nous n’en rencontrerons malheureusement aucun sur place. La piste choisie pour y arriver, périlleuse par endroits, gués de boue glaiseuse, bosses et trous nous ayant été servis à satiété. Les véhicules sont crépis jusqu’au toit ! Nous bivouaquons dans les environs. L’herbe sent bon la citronnelle et le thym. On commence à sentir l’ambiance mongole. Nombreux troupeaux de moutons, chèvres et vaches. Beaucoup de chevaux aussi. Croisé de très nombreuses petites marmottes (environ 10 fois plus menues que les « nôtres ».

Lundi 8 juillet 2013

Visité les cours extérieures du monastère, car pas encore ouvert à nos heures. Beaucoup d’or, de peintures malheureusement abîmées par les déjections des oiseaux. Très intéressant lorsque l’on s’attache à relever la minutie des détails. Nombreux moulins à prières jalonnant le parcours dans l’enceinte du monastère. Situation grandiose !

Arrivée à Oulan Bator vers16h30. Chaos total de circulation, démentiel (une heure trente pour quelque huit km à travers la ville) afin de rejoindre le « guest house » OASIS, rendez-vous des voyageurs européens. Dans la cour, une douzaine de gros 4×4 et motos, serrés en rangs d’oignons. C’est l’occasion d’échanger impressions et renseignements.

Mardi 9 juillet 2013

En taxi, nous rejoignons les bureaux de l’immigration pour prolonger la durée de nos visas. Une chauffeuse, téméraire, audacieuse qui se faufilera entre les voitures et autres camions durant quelque trois heures, à force de coups de klaxon et d’invectives. Un vrai spectacle ! Elle nous attendra durant nos pérégrinations de guichet en guichet et, surtout, l’attente de la cheffe de la photocopieuse qui participe à un meeting ; en fait, longue pause matinale (les photocopies que nous avions préparées ne valaient rien … il manquait un tampon).

Mercredi 10 juillet 2013

Dans les rues, la fête nationale se prépare. De très nombreux autobus, camions et voitures, arborent un grand ou petit drapeau mongol. Partout, des jeunes vendent ces derniers sur les bords des routes ou au milieu de la circulation chaotique.

Le « Car Wash » mongol est spectaculaire. Durant plus d’une heure et demie, des jeunes et moins jeunes, peu avares d’efforts, bichonneront nos véhicules amoureusement et méticuleusement.

Nous reprenons la piste en direction du sud, contents de respirer autre chose que les rejets des usines de ciment, la poussière des chantiers, l’odeur omniprésente de l’asphalte et la pollution automobile. Première crevaison sur les silex !

Jeudi 11 juillet 2013

Visites des ruines du monastère Manzshir Khiid, détruit sous le régime soviétique en 1936, et son petit musée. Les restes attestent cependant encore de la grandeur de ce lieu de culte.

La piste en direction de Bayansaagan traverse des paysages magnifiques où d’énormes troupeaux paissent tranquillement. Des hardes de gazelles au galop attirent notre attention. Quelques gouttes de pluie.

Vendredi 12 juillet 2013

Un éleveur, à moto, guide son troupeau de chevaux. L’épicerie de Bayansaagan, où nous espérons trouver du pain, regorge de sucreries, savon, lessive et autres boîtes de conserve, quelques oignons, de l’eau, de la bière, du vin et surtout de la vodka mongole, mais foin de pain.

L’ambiance, dans le village, est à la fête. Les hommes ont coiffé des chapeaux rigolos et sont parés de leur « djellabah » à large ceinture dans laquelle ils ont glissé une sorte de sabre en bois. Fiers, à moto ou à cheval, ils paradent autour de nous et nous guident vers le Naadam. Les femmes, apparemment moins traditionalistes, arborent de magnifiques costumes et autres chapeaux à la mode. La course de chevaux, montés par des garçons et des filles de moins de douze ans, s’étend sur plusieurs dizaines de kilomètres et a débuté. Nous assisterons à l’arrivée avec toutes les familles et leurs invités. Tonnerre d’applaudissements. Superbe cavalcade avec un minuscule gamin de moins de dix ans montant un cheval fougueux couvert de sueur. Il est le vainqueur de quelque 160 participants.

Quelques photos … 

 

A bientôt si nous trouvons une borne internet.

DERNIER BIVOUAC EN RUSSIE (5 juillet 2013 / 21h50)

Bonjour à tous,

De Sion à la frontière mongole, 9030 km, il nous aura fallu 18 jours de route avec des étapes de 300 à 600 km par jour. Une longue, très longue route ! La Mongolie, par la route, se mérite. De la frontière lettone à Moscou, après le marasme de paperasse aux postes frontières, route inégale, parfois bonne, parfois mauvaise, souvent exécrable en raison des très nombreux chantiers. Circulation démentielle. Interminables colonnes de poids lourds et chauffeurs russes « suicidaires ». Ils ont certainement réinventé « la roulette russe ». Jusqu’à Moscou, les terres traversées sont en majorité laissées à l’abandon. Pas de cultures, villages épars.

Dans cette ville, afin d’obtenir le document d’immigration, nous avions prévu de passer la nuit à l’hôtel Gamma-Delta, complexe hôtelier issu des Jeux olympiques, de 9000 lits … mais aucune chambre n’est libre ! On finira dans un ****.

Entre Moscou et le lac Baïkal, la route suit la voie du chemin de fer du Transsibérien. Circulation de plus en plus chaotique. Nombreux accidents, ralentissements, chantiers sur des centaines de km. Contrairement aux chauffeurs locaux, nous « prenons notre temps ». Bivouacs agréables, souvent entre la route et la ligne du Transsibérien. Pour le sourd que je suis, nuits calmes ; ce n’est pas l’avis de tous les autres :

Tadadac – tadadac – tadadac – ouh ouh – tadadac … un train toutes les quinze à vingt minutes. Cinquante-deux wagons de charbon, Soixante et un d’asphalte. Quarante-huit de marchandises diverses et tadadac – tadadac – tadadac – ouh ouh – tadadac de nuit comme de jour. Le trafic sur la transsibérienne n’a rien à envier à celui de la route du même nom !

L’immensité des plaines russes, avant la chaîne de l’Oural, est impressionnante. La route, toujours avec le même trafic et les nombreux chantiers, suit le cap avec un léger virage à droite ou à gauche après quelques dizaines de kilomètres.

Un sympathique autochtone, rencontré lors d’un bivouac au bord du lac Baïkal, nous a assurés mettre 5 jours entre Moscou et le lac. Nous en avions mis huit et, gentiment, il se moqua de nous qui ne voulions pas jouer à la « roulette russe » Ce fut une extraordinaire expérience des grands espaces.

Puis ce fut Oulan Oude et, demain, la frontière mongole.

A bientôt.

Les photos ci-dessous sont de Josiane et de Micheline:

Circulation démentielle …
Bivouac reposant
Un **** à Moscou
Les chauffards ne passent pas !
L’eau à la pompe du village!
Un accident parmi les autres
Et encore …
 Ravitaillement au Titan!