À TRAVERS LA RUSSIE ET … PANNE EN PAYS TATAR (Moscou, 27.08.2013)

(extraits du journal de Micheline, photos de Josiane, Micheline et Denys)

Mercredi 14 août 2013

Progressé en direction de Novossibirsk sur la M52. De la frontière (Tashanta jusqu’à Cherga), paysages grandioses, gorges, rivières limoneuses, montagnes et replats. Magnifique parcours, notamment le Chuyski Takt. Bonne route, enfin. Cherché un bivouac dans la région de Gorno – Altaysk durant deux heures. La pluie abondante des derniers jours a transformé la campagne en boue glaiseuse. Quand même trouvé un endroit presque sans enlisement vers une église. Loin d’être idéal, mais on dort bien; il faut se plier aux exigences du terrain, du temps, des pistes et … des capacités de nos véhicules. Il continue de pleuvoir. Le pays est de plus en plus habité. Les villages se succèdent plus rapidement. Pour les Russes, c’est une région touristique fort fréquentée. Rafting, pêche et sports de plein air. Nombreux villages isbas – bungalows, vétustes mais peuplés. Et boutiques de souvenirs qui vont avec. On y trouve des peaux de bêtes sauvages, des nains de jardins et des blanches-neige, du miel et de la verroterie ainsi qu’un artisanat assez douteux, plutôt fait machine que main. … Bonne nuit !

Jeudi 15 août 2013

Novossibirsk. Pluie abondante. Il vaut mieux rester sur le goudron. La campagne et les rues des villes et villages non goudronnées, sont transformées en bourbiers et il n’est pas rare de voir les Russes eux-mêmes pris dans la glu jusqu’aux essieux. Pris nos quartiers à l’hôtel Sibir, propre, mais spartiate. Bon restaurant. Réception sympathique et efficace. Nuit agitée car nous avons perdu l’habitude du bruit des villes.

Vendredi 16 août 2013

La M51 nous accueille sur son ruban inégal, monotone, surchargé de camions. Longues rectilignes entre les bouleaux dressés comme des codes – barres ! Soporifique. Arrêt à Barabinsk pour du change, où nos USD et EUR sont radiographiés un à un, recto – verso. L’opération prendra une heure et demie ! Avec une matrone derrière une vitre à l’épreuve des balles aussi sympathique qu’un goulag en fonction. Bivouac dans les restes des gadoues épargnées par trop d’inondations. Moustiques, tiques sont aux rendez-vous.

Samedi 17 août 2013

Omsk. Pour la visite, rien sur notre guide « Petit futé ». Heureusement le « guide Régior » nous déniaise. Vastes avenues, beaux bâtiments, et, au centre ville, peu de circulation. Les gens semblent se balader plutôt que se déplacer. Une certaine langueur traîne autant chez les piétons que les automobilistes. Le fleuve Irtych se prélasse, ignorant la vie grouillante sur ses rives. Marché magnifique, avec des légumes que l’on qualifierait de mûris en Italie ! Les tomates, les courgettes n’ont rien à envier aux marchés italiens. Ventes de champignons, pommes de terre, miel, fruits (cranberries ?), pastèques et melons, le long de la route, qui nous trimbale d’Omsk à Ishim. Le GPS veut absolument nous faire entrer au Kazakhstan pour rejoindre Ishim. Nous apercevant à temps de cette erreur, nous opérons un retour sur Omsk et … bouchons !

Encore une chose. Il n’est pas rare de croiser sur les bas-côtés de la route des voitures avec un signal de panne et le capot ouvert. N’allez jamais leur porter secours. Ce sont des Arméniens vendant de la pacotille avec force insistance.

Dimanche 18 août 2013

Deux mois que nous sommes sur les chemins ! C’était hier, et c’était il y a longtemps ! La E22, route principale, mais inégalement retapée, nous cahote le long de champs de céréales à perte de vue. Les camions se suivent et se ressemblent. Deux chauffeurs sont sortis de la route, leurs chargements éparpillés sur les bas-côtés. Nous n’avons pas encore retardé nos montres depuis la Mongolie. Etrange !

Lundi 19 août 2013

Nos GPS et autres GSM nous confirment le changement d’horaire. Nous gagnons une heure. Pluie battante. Il ne pleut pas des cordes, mais des amarrages de paquebots géants. La route, mauvaise évidemment, cache ses pièges sous l’eau et les camions que l’on croise nous arrosent copieusement. Puis, le déluge se calme, le brouillard se dissipe et la route devient bonne ! Arrêtés trois fois par les pandores : une fois, nos phares n’étaient pas conformes ; deuxième arrêt, papiers. Pas compris, pas pu lire, circulez ! Une troisième fois, grands signes de l’en-casquetté, peu clairs. On s’encolonne. Comme il semble que l’on nous oublie, nous partons. Bivouac à une centaine de km d’Ekaterinbourg. Déménagement des voisins en raison d’un nid de frelons ! Nous déménageons aussi. Les frelons sont gros comme le pouce !

Mardi 20 août 2013

Ekaterinbourg. Une veine nous avons trouvé deux places de parc à l’ombre où nous pouvions laisser les chiens sans crainte. Nous étions sur la « prospect Lénine », avenue principale de la ville. Flânerie, rêverie dans cette très grande ville, où la circulation est fluide, malgré qu’intense. Vu la statue de Trotski qui pointe son doigt sur l’université et celle de Lénine qui lève une main vers, à ce que disent les citadins, les lieux où l’on vend de la vodka.

Bivouac le long de la E22 sur Perm, agrémenté de la visite de trois chasseurs armés jusqu’aux dents et prétendant aller chasser le grizzli ! Deux sur un quad et un à pied, ils ont disparu dans la forêt avec force cris et réapparu discrètement durant la nuit … sans grizzli !

Mercredi 21 août 2013

Direction Perm où nous cherchons le musée du Goulag. A l’adresse indiquée par le « Petit futé », qui ne l’est aucunement, pas de musée. Seulement le ministère de l’agriculture. « Perm 36 » du nom de l’ancien goulag, selon les renseignements obtenus, est situé à une centaine de km au NE de la ville. Merci pour la précision « Petit Futé ».

Jeudi 22 août 2013

En faisant le plein d’eau à la pompe d’un village, nous apprenons, par GPS et téléphones réunis, que nous devons avancer nos montres de deux heures ! 08h30 à la place de 10h30. Pas étonnant que le trafic sur la route n’avait rien de féroce. Mais la valse des camions reprend assez vite et nous avons sagement suivi les effluves des mastodontes.

Vendredi 23 août 2013

Partis de notre bivouac par beau temps, bien reposés après une nuit calme et une très courte ondée. A 120 km de Kazan, appel de Jo qui nous dit que le Rover doit s’arrêter. Coup d’œil dans le rétroviseur et vision d’apocalypse. La machine fume comme si elle était en feu, Un nuage de fumée blanche masquant toute la route et d’où émerge l’avant du Land Rover. Circulation perturbée. Retour en arrière pour nous. Pourtant, rien ne brûle. Moteur arrêté. Joint de culasse ? La fumée se dissipe. Discussion. Remise en route du moteur et refumée blanche. Arrêt immédiat de celui-ci. Remorquage jusqu’à la prochaine possibilité de stationnement et on verra ! Sur l’aire de stationnement, « auscultation » du véhicule. Décision : Charger le véhicule sur une dépanneuse et en route pour la prochaine agence Rover à Kazan (quelque 120 km).

Une patrouille de la police routière, à l’affût des excès de vitesse, demande pour nous une dépanneuse (sans oublier de faire payer 30 fois le prix de l’appel téléphonique). Une heure plus tard, elle est là. Chargement et en route pour Kazan. Mais le chauffeur ne connaît pas l’adresse de l’agence Rover dans cette ville. Le chauffeur se démène comme un beau diable et il trouve. Le dépannage coûtera 6000 roubles et le chauffeur refusera une bonne-main. Une heure plus tard, un chef en chemise blanche et cravate (parlant l’anglais – c’est normal pour une agence anglaise) et deux mécaniciens s’affairent sur le véhicule. Mais comble de bizarrerie, plus de fumée blanche et un moteur qui tourne comme sur un banc d’essai (???). Après avoir changé le filtre à air et déclaré que la Russie ne connaît pas les filtres à particules, un tour sur l’autoroute avec le Land, suivi à deux mètres d’un Range flambant neuf avec le chef, les deux mécanos et un chauffeur. Arrêt sur la bande d’urgence! Vous pouvez continuer. Le chef donne son nom et celui du garage avec numéro de téléphone (il n’a plus de cartes de visite) et, sympa, il écrit « good luck » sur le papier.

Bivouac dans un champ. Nouveaux regards sur ce moteur. L’embout de l’échappement est enduit de « vert-de-gris » et le pare-chocs de poudre blanche (???). Grand salut d’un paysan qui passait avec sa moissonneuse. Nuit blanche pour les occupants du Land qui n’ont plus confiance en leur mécanique.

Samedi 24 août 2013

Kazan – Nizhniy – Novgorod, symphonie cacophonique de camions, de chantiers, d’amortisseurs qui grincent dans les trous et sur le bosses. Arrêt au super – marché Auchan à Novgorod pour trouver une nourriture « connue ». Bivouac sous les arbres, près des marigots stagnants avec moustiques à la clé. Le Land tient le coup. Le Sprinter quand à lui, « broute » au démarrage. Mais cela a commencé en Mongolie déjà et sans que l’on puisse en déterminer la cause.

Dimanche 25 août 2013

Visite de Vladimir, cathédrale de la Dormition (12e) et de la Porte d’Or. Magnifique et calme. Repris les bouchons, les chantiers et les camions (c’est pourtant dimanche !). Température nettement plus fraîche.

Lundi 26 août 2013

Arrivée à Moscou vers 11h30. Trouvé deux chambres à l’hôtel VEGA, alors que, par téléphone le jour précédent, on nous avait assurés que l’hôtel était plein. Repas ouzbek à midi et italien le soir. Demain visite de la Place Rouge avec un guide. Bonne nuit. Gamma a passé sa première nuit dans un **** !

Mardi 27 août 2013

La guide, Svetlana, nous a chaperonnés à 14h00 à l’hôtel VEGA. Départ pour le centre – ville de Moscou par le métro à cinq pas de l’hôtel. Le métro est, selon elle, le moyen le plus sûr de voyager rapidement, efficacement et dans la propreté. Effectivement. Et de plus, nous avons pu admirer ces fameuses stations à thèmes : celles des Partisans, des verriers, des mosaïques relatant l’histoire de la Russie, de Lénine. C’est beau, bien entretenu et très propre. Puis, parapluie rose posé verticalement sur son épaule, elle nous a emmenés d’un pas allègre ; place de la Révolution, place Rouge, Kremlin, cathédrale St Basile, cathédrale – mère de l’orthodoxie, la plus grande de Russie, que Staline avait détruite et transformée en piscine ouverte été comme hiver. Elle a été reconstruite copie – conforme en 2005. Magnifique ! Statues de Gogol, de Pouchkine, de Dostoïevski, de Lénine, et qui jalonnent ces lieux empreints de culture que renforce encore la présence de nombreux musées et théâtres. Ensuite flânerie le long du boulevard Arbat, un genre de Montmartre moscovite. Les trois heures étaient écoulées. Svetlana nous a reconduits au métro, nous recommandant de compter les arrêts et de descendre au 7e. Après-midi intéressante, avec une relève de la garde du monument aux victimes de la guerre et des purges staliniennes que l’on appelle pudiquement monument aux martyrs. Le pas de l’oie est sonnant tant on lève haut la gambette bottée, le geste est précis et coordonné comme une mécanique, le regard vide, les gants blancs, étincelants. On dirait une boîte à musique animée, tant cela est précis et enchaîné dans les mouvements saccadés. Et les braves gardes devront rester parfaitement figés durant la prochaine heure ! C’est beau Moscou sous le soleil enfin revenu. C’est cosmopolite, vivant, marrant aussi avec des artistes de plein air déguisés en Shrek, en corsaires, en gladiateurs ou en mannequins immobiles. Nous avons bien aimé.

NOUS QUITTONS LA MONGOLIE PLUS VITE QUE PRÉVU! (20.08.2013 en Sibérie

Nous avions l’intention de passer une bonne dizaine de jours dans la région d’Olgii et l’extrême sud ouest de ce pays. Une épizootie (« peste noire ») ne nous le permettra pas. Les routes mongoles sont barrées, équipées de postes sanitaires de désinfection et, manifestement, les étrangers, surtout avec des chiens, ne semblent pas être les bienvenus. Les renseignements manquent. Les autorités russes nous laisseront-elles pénétrer sur leur territoire ? Les chiens seront-ils mis en quarantaine à la frontière, ce qui nous obligerait à prolonger nos visas russes ? Etc., etc.

Nous décidons de tenter, comme prévu mais un peu plus tôt, de rejoindre la frontière russe de Tsagaannuur (MGL) / Tashanta (RUS) , en fait, « la fuite en avant ». Vraiment dommage !

Pourtant le passage de la frontière se fera sans gros problème. De neuf heures le matin à trois heures l’après-midi, pratiquement sans trafic, hormis quelques camions locaux. ! Quatre cinquièmes du temps pour Mlle Naskja et MM Nash et Gamma !

(extraits du journal de Micheline, photos de Josiane, Micheline et Denys)

Lundi 12 août 2013

Olgii : MongoliaTelecom ne dispose que d’un système poussif. Impossible de faire passer notre « post » pour le blog. Une heure perdue et 600 tg en moins, nous renonçons. Visite au centre d’informations pour la région frontière avec la Chine. Là, on ne parle que mongole ou russe. Visite au musée où la directrice parle français. Comme nous avons rencontré des policiers armés de désinfectant, nous nous posons des questions sur cette quarantaine due à une épizootie. Un médecin suisse, rencontré précédemment, n’a obtenu que des renseignements vagues à la douane. Epizootie de « peste noire » chez les marmottes et transmise par des mouches. A la frontière, le service de douane n’a aucune idée des formalités. Les Russes nous laisseront-ils entrer ? …

Mardi 13 août 2013

En quittant le bivouac, près de la frontière, nous voyons pour la 3e fois en divers lieux, « notre » cycliste anglaise, voyageant seule. Elle dormait au bord de la route en attendant, elle aussi, l’ouverture de la frontière mongole prévue à 09h00. Désinfection des pneus, enregistrements des chiens. Un conducteur de chien de la douane mongole nous a suppliés de lui vendre Gamma pour en faire un chien « stup » ! « Your price will be mine”  nous a-t-il dit! Nous n’avons pas hésité à … refuser son aimable offre. Panne de PC à la douane, affolement de la custom’s officer mongole, attente et patience. Finalement, tout sera transposé à la main dans un « carnet du lait ». Un no man’s land d’une dizaine de km sépare les postes mongole et russe (col à 2481m). Contrôles vétérinaires. Nous craignons la mise en quarantaine de nos compagnons. Heureusement, ce n’est pas le cas.

Bivouac le long de la route, dans des paysages guère différents de ceux de la Mongolie.

Nous vous raconterons nos péripéties « russes » dans un prochain « post » !

A bientôt!

EN ROUTE VERS LE NW ET L’ALTAÏ (10 08 2013)

(extraits du … etc)

Samedi 3 août 2013

Passé Tes ce matin. Village complètement endormi. Il est pourtant presque 09h00. Suivi une piste de fond de vallée, sableuse, avec franchissement de petits oueds. Pierreuse sur les collines. 100 km plus loin, arrivée à Baruunturuum (si, si, ça existe !). Ensuite un gué, peu d’eau. Joli endroit, plat, agrémenté de buissons odorants, mais aussi d’innombrables détritus.

Bivouac près de dunes où Jean-Claude a pu puiser de quoi tenir ses promesses. Visite à trois reprises d’un père et de son fils. La première fois, ils ont été copieusement aboyés par Gamma. Ils sont restés à l’écart, statiques près de leurs montures et, après les salutations, ils sont partis au grand galop. Puis sont revenus, sans les poulains à la longe. Le fils portait le chapeau à pointe et se tenait fièrement sur sa monture. Puis sont repartis et revenus avec du fromage de chèvre frais, bien odorant, et une bouteille « mystère » : à sentir c’est à vomir, tout cela sent le bouc, à boire en se bouchant les narines, c’est presque faisable. Cadeaux échangés. Dunes, petites certes, mais absolument inattendues dans cette vallée. C’est le charme de la Mongolie. Aujourd’hui, plus de 30 degrés. A l’heure où j’écris (22h00), tempête de sable. Le désert en pleine steppe quoi !

Dimanche 4 août 2013

Sur la carte 132 km, sur l’un des rares panneaux 160 km, bref pour arriver à Ulaangom, tôle ondulée à l’infini. Et mauvaise, cassante et profonde. Les secousses nous empêchent d’apprécier le paysage, l’œil est rivé sur la piste dévastatrice … une journée démoralisante où l’on ne fait que tressauter , vibrer avec le véhicule, anxieux de savoir si les prochains km n’auront pas raison de la mécanique. … Juste après le pont qui mène au goudron au sortir de la piste infernale, une rivière. Chic ! Bivouac parmi les vaches placides et les taurillons plaintifs. Exténués, nous nous endormons assez tôt !

Lundi 5 août 2013

Comme c’était hier dimanche, pas de change, pas de magasins, calme plat. Ce matin, nous sommes retournés en ville pour quelques achats, blog, pleins d’eau et de diesel. Supermarket sous un hôtel : pas mal fourni. Mais sans pain. Deuxième magasin : pain. Bon, c’est fait. Banque ensuite pour échanger quelques dollars. Attente, attente et encore attente, tant la banque était pleine de familles avec enfants. Les billets de 20$ à changer n’ont pas tous passé la machine « à détecter les mensonges ». Elle rejetait certains billets, comme par caprice ; mes billets étant flambant neufs, achetés dans une banque suisse et dont les numéros de série se suivaient.

Après les grands espaces, journée civilisation idiote dans une ville incompréhensible à nos esprits cartésiens et habitués à une technique élémentaire, même si elle est rudimentaire, que Ulaangom semble ignorer. Journée ratée : il en faut quelques-unes pour vous enseigner la modestie.

Joli bivouac avec dunes à l’horizon. Orage, fort vent, puis clame plat. Silence intégral, à part quelques chants d’oiseaux. Bonne nuit !

Mardi 6 août 2013

Passé Nuranbulag avec une bonne surprise : la piste amène au goudron. Il nous semble que ce sera la nouvelle route (quelque 200 km au sud) Oulan Bator Oulangom. Mais il semble seulement. Sommes arrivés à un camp de yourtes au bord du lac (recommandé par le guide LP) pour prendre une douche et se restaurer. La patronne nous demande si nous voulons de la viande ou du poisson. Nous optons pour le poisson. Et, placide comme les bovidés du coin, sans ciller elle revient nous disant : »No fish, but 10$ each people for dinner ». Quand aux douches, c’est simplement un bain dans le lac.

Visite au bivouac d’une « cargaison » de Mongoles entassés dans un pick-up Ford, nous demandant si nous possédions une clé de 28 pour changer le simmering du pont arrière. Nous essayons de les aider du mieux que nous pouvons. Fièrement le chauffeur nous présente la pièce de rechange. Moult et nombreux efforts plus tard, nous nous apercevons que ce n’est pas la bonne ! Le pont arrière est remonté. Tout ça dans la bonne humeur et les chuintements de la langue mongole. Le pick-up reprend la piste du désert avec ses douze personnes à bord …

Mercredi 7 août 2013

De cette presqu’île qui sépare Khyargas Nuur et le plus petit lac Airag Nuur, nous revenons sur nos roues à Naranbulag (une trentaine de km) pour acheter du pain dans l’optique de se « prélasser » deux jours au bord du grand lac. Trouvé un pain sec, oublié dans le frigo de la boutique. On fera avec.

Le « gérant » de la station de carburant nous indique une piste contournant les gadoues et qui nous ramène sur une tôle ondulée, assez digeste. Trois ensablements du Sprinter et trois sauvetages Jean-Claude qui, de son côté, constate la rupture du support d’un amortisseur arrière. Il faudra retourner à Naranbulag chez le « mekhanik ». Pour l’heure, nous nous réjouissons de poser nos os durant deux jours sur les rives d’un lac en plein désert, dont la couleur change avec les humeurs du ciel, Tantôt bleu azur, bleu indigo ou turquoise.

Jeudi 8 août 2013

Farniente ! Quoique soins aux véhicules et nettoyage de l’intérieur qui en avait un sérieux besoin. Observations rêveuses sur le lac : peu d’oiseaux, goélands, cormorans, canards. En dose infime. Pas d’habitants, pas de pêcheurs, pas de bateaux. Un lac désert, entouré de désert. Autre constatation : la pureté de l’air. Le regard porte loin. Les verres des lunettes optiques sont toujours foncés. Et, le soir, les yeux gardent un éblouissement, comme lorsque, en pleine nuit, on fait de la lumière brusquement … divagations dues à l’inaction momentanée !

Grâce à Béatrice et à Josiane, et ça c’est primordial, les Liengme mangent chaud. Notre potager-mazout Wallas a rendu l’âme et a été remplacé par le « camping-gaz » de réserve. Merci !

Vendredi 9 août 2013

Troisième passage à Nuranbulag, village au bord de la nouvelle route goudronnée au milieu du désert. Jean-Claude a pu faire souder son support d’amortisseur par un soudeur consciencieux qui lui a proposé de renforcer le système. Et pour nous, il n’a pas été inutile d’accompagner nos amis : le filtre à huile du Sprinter, changé la veille, n’était pas étanche !

Bivouac au bord du lac Olgii Nuur sur la piste A1701 en direction de Khovd … où le guide LP nous promet un marché bien fourni.

Samedi 10 août 2013

Arrivée sur Khovd, grand bourg universitaire et industriel. Marché de légumes et de fruits (pastèques et melons, quelques abricots et de rares pommes). C’est animé et souriant. Le gros des achats se fera au supermarché, ou plutôt dans les deux que compte Khovd. Comme c’est samedi, tout est fermé : office du tourisme, banques et autres organismes qui auraient pu nous renseigner sur la fermeture aux étrangers du Bayan Olgii en raison d’une épizootie bovine et ovine. On verra !

Entre le lac Olgii et Khovd, paysages somptueux de montagnes rouges, vertes, brunes, blanches. Nombreux troupeaux malgré le peu de yourtes. Piste agréable pour une « route principale ». Nous y avons même croisé deux camions de 40 tonnes. Chapeau, les routiers !

Dimanche 11 août 2013

Quitté Khovd à 08h30, pas arrivés à Olgii le même jour ! 224 km entre ces deux villes de quelque trente mille habitants. Nombreux gués à traverser, certains assez difficiles. Entre Khovd et Bayan Enger, paysages magnifiques, montagnes multicolores, sommets chapeautés de glaciers (4200 m), cols vertigineux. Le plus haut accuse 2561 m d’altitude. C’est l’un des plus beaux paysages vus, et Dieu sait si la beauté de certains coins de ce pays nous a souvent soufflés. Rendus, nous bivouaquons entre piste et route en chantier, dans le doux murmure des camions qui approvisionnent en sable et en gravier la nouvelle route « du Sud », et les sifflements des marmottes – écureuils. La « poésie » des machines étouffe celle de la nature !

Demain Olgii, pays des aigles.

A bientôt.

LAC KHOVSGOL ET LE NORD (4 août 2013)

(extaits du journal de Micheline, photos de Josiane, Micheline et Denys)

Mardi 23 juillet 2013

… Tourisme : Visite du monastère Erdene Zuu où les moines officient dès 11h00. L’appel se fait par deux moinillons soufflant dans une corne. Le monastère est très majestueux offrant moult Bouddhas, sous toutes les formes possibles. Parfois ils sourient, souvent ils menacent, et fréquemment ils sont béats, l’esprit dans un ailleurs qui nous échappe…

Mercredi 24 juillet 2013

… Pluie soutenue depuis midi. Seul avantage, moins de poussière sur l’A1603, détestable, pierreuse, pleine de trous, enfoncée, défoncée. Seul avantage aussi, elle n’est pas payante alors que hier on nous a défaussé de 500 tg pour de la tôle ondulée et une route en chantier. … .

Jeudi 25 juillet 2013

Aujourd’hui beaucoup d’efforts pour peu de km ! Tout d’abord, nous avons cherché, parmi les pistes et contre-pistes qui jalonnent le fond de la vallée du Terkhion Tsagaan Nuur, celle qui mène à Jargalant. Galéré comme des forcenés dans la gadoue, les trous et les bosses… En fait, il n’y a qu’un pont, les autres sont soit démolis, pourris ou défoncés. La piste de Jargalant est une véritable épreuve, trial entre gués boueux et chemins malaisés et pierreux à flanc de montagnes. En revanche, le paysage est magnifique. … Nous avons été ébahis par les chauffeurs mongoles qui circulent sur les pistes avec de simples véhicules non 4×4 ! Sont-ils des as du volant ou tout simplement téméraires ?.

Vendredi 26 juillet 2013

… Arrêt à Shine Ider pour le pain (sec !) Piste très diverse, entre sable, pierres, boue en direction de Mörön. Passage épique de cols. Ici pas de lacets. On escalade la montagne en ligne droite ! Paysages magnifiques, fonds de vallée verdoyants, Nombreux troupeaux de moutons, chèvres et yaks… Aigles projetant leur ombre dans un vol sans un coup d’aile … Finalement, pluie, voire grêle, mais comme jusqu’à présent en Mongolie, de courte durée.

Samedi 27 juillet 2013

… A Mörön, plusieurs magasins pour trouver l’essentiel. … Trouvé une « boutique » de débit de viande, acheté un gigot de mouton qui parfumera mon frigo ! Ce sont des femmes uniquement qui s’affairent à dépecer les bêtes. L’animal est grossièrement équarri. N’allez surtout pas demander une entrecôte ou un jarret. Mais les dames bouchères étaient rieuses, gaies et avenantes. Bivouac dans les mélèzes au-dessus du Lac Khövsgöl, parc national.

Dimanche 28 juillet 2013

Journée stand-by ! Le soir précédant, visite d’une « artisane » venue nous présenter des articles quasiment « made in China » … Dans la journée, visite encore d’un cavalier juvénile menant ses 800 chèvres et moutons au pâturage. Il nous a aidés à faire le bois pour la grillade du mouton, acheté la veille. Excellente viande et excellent maître rôtisseur en la personne de Jean-Claude. Le chevrier-cavalier a mangé avec nous, par étapes, soucieux qu’il était de ses chèvres. Un mignon homme-enfant, bien éduqué, curieux, éveillé. Comme les lentilles accompagnaient notre grillade, il a fortement apprécié la viande, bien moins l’accompagnement. Chou comme tous les grands gamins des steppes. … Un pêcheur est venu nous vendre le produit de sa pêche lacustre. Poissons avec arrêtes dans des bocaux (de récupération). Excellent au dire des amateurs. … Point noir de la journée : Naskja et Gamma se sont empoignés et c’est Denys qui en fait les frais. Main droite amochée, pharmacie de secours, désinfectant, pansements, antibiotique, … Jeux de chiens, jeux de vilains !

Lundi 29 juillet 2013

Stand by again, histoire de finir le gigot de mouton sur la grille et de reposer nos carcasses encore tressautantes ! …

Mardi 30 juillet 2013

… A l’ouest de Mörön, visité les stèles représentant des cervidés, vieilles de 3500 à 4000 ans avant JC. La région est constellée de tombes et le lieu fait l’objet de fouilles.

Mercredi 31 juillet

Vu la pluie abondante de la nuit dernière, retour à Mörön pour prendre la piste principale et trouver un pont. A Bürentogtock, trouvé un « mekhanik » pour souder le support de la boîte de transfert du Sprinter, cassée net lors de la montée d’un col. Outillage rudimentaire, installations électriques datant de Gengis Khan, mais soudure comme peu savent encore le faire chez nous. … Prix de la soudure et du meulage : 20’000 tg (14 USD) !

Jeudi 1er août 2013

Fête nationale, sans flambeaux, sans feux, sans lampions. Mais une route nationale vaseuse, glaiseuse, qui, vu les pluies des derniers jours, était savonneuse à souhait. Nous avons dansé le tango, le paso-doble, la polka et le quadrille sur presque tout le parcours avec un risque de « queue à tête » ! Vitesse 30 km/h. Dans un pays aussi vaste, nos rêves de voir ceci, de visiter cela s’évanouissent. … Il pleut !

Vendredi 2 août 2013

Recherche de pain. Trouvé mais sucré ! Tout est sucré ici, le vin, le fromage, les cornichons et donc même le pain. Rencontré un couple belge arrivé depuis peu. Echangé quelques expériences routières, parlé itinéraires et qualité de la piste. Comme les Allemands d’hier, la progression lente sur les « routes » mongoles a rogné quelque peu leur espoir de « tout » voir. … Beaux paysages, suite de longues vallées étales, riches en yourtes et en troupeaux , puis collines que l’on grimpe droit en haut. Par endroit, la steppe devient « bush », avec épineux et sable. La succession vallées et collines à l’infini montre l’immensité de la Mongolie.

A bientôt depuis Ulaangom