EN ROUTE VERS LE NW ET L’ALTAÏ (10 08 2013)

(extraits du … etc)

Samedi 3 août 2013

Passé Tes ce matin. Village complètement endormi. Il est pourtant presque 09h00. Suivi une piste de fond de vallée, sableuse, avec franchissement de petits oueds. Pierreuse sur les collines. 100 km plus loin, arrivée à Baruunturuum (si, si, ça existe !). Ensuite un gué, peu d’eau. Joli endroit, plat, agrémenté de buissons odorants, mais aussi d’innombrables détritus.

Bivouac près de dunes où Jean-Claude a pu puiser de quoi tenir ses promesses. Visite à trois reprises d’un père et de son fils. La première fois, ils ont été copieusement aboyés par Gamma. Ils sont restés à l’écart, statiques près de leurs montures et, après les salutations, ils sont partis au grand galop. Puis sont revenus, sans les poulains à la longe. Le fils portait le chapeau à pointe et se tenait fièrement sur sa monture. Puis sont repartis et revenus avec du fromage de chèvre frais, bien odorant, et une bouteille « mystère » : à sentir c’est à vomir, tout cela sent le bouc, à boire en se bouchant les narines, c’est presque faisable. Cadeaux échangés. Dunes, petites certes, mais absolument inattendues dans cette vallée. C’est le charme de la Mongolie. Aujourd’hui, plus de 30 degrés. A l’heure où j’écris (22h00), tempête de sable. Le désert en pleine steppe quoi !

Dimanche 4 août 2013

Sur la carte 132 km, sur l’un des rares panneaux 160 km, bref pour arriver à Ulaangom, tôle ondulée à l’infini. Et mauvaise, cassante et profonde. Les secousses nous empêchent d’apprécier le paysage, l’œil est rivé sur la piste dévastatrice … une journée démoralisante où l’on ne fait que tressauter , vibrer avec le véhicule, anxieux de savoir si les prochains km n’auront pas raison de la mécanique. … Juste après le pont qui mène au goudron au sortir de la piste infernale, une rivière. Chic ! Bivouac parmi les vaches placides et les taurillons plaintifs. Exténués, nous nous endormons assez tôt !

Lundi 5 août 2013

Comme c’était hier dimanche, pas de change, pas de magasins, calme plat. Ce matin, nous sommes retournés en ville pour quelques achats, blog, pleins d’eau et de diesel. Supermarket sous un hôtel : pas mal fourni. Mais sans pain. Deuxième magasin : pain. Bon, c’est fait. Banque ensuite pour échanger quelques dollars. Attente, attente et encore attente, tant la banque était pleine de familles avec enfants. Les billets de 20$ à changer n’ont pas tous passé la machine « à détecter les mensonges ». Elle rejetait certains billets, comme par caprice ; mes billets étant flambant neufs, achetés dans une banque suisse et dont les numéros de série se suivaient.

Après les grands espaces, journée civilisation idiote dans une ville incompréhensible à nos esprits cartésiens et habitués à une technique élémentaire, même si elle est rudimentaire, que Ulaangom semble ignorer. Journée ratée : il en faut quelques-unes pour vous enseigner la modestie.

Joli bivouac avec dunes à l’horizon. Orage, fort vent, puis clame plat. Silence intégral, à part quelques chants d’oiseaux. Bonne nuit !

Mardi 6 août 2013

Passé Nuranbulag avec une bonne surprise : la piste amène au goudron. Il nous semble que ce sera la nouvelle route (quelque 200 km au sud) Oulan Bator Oulangom. Mais il semble seulement. Sommes arrivés à un camp de yourtes au bord du lac (recommandé par le guide LP) pour prendre une douche et se restaurer. La patronne nous demande si nous voulons de la viande ou du poisson. Nous optons pour le poisson. Et, placide comme les bovidés du coin, sans ciller elle revient nous disant : »No fish, but 10$ each people for dinner ». Quand aux douches, c’est simplement un bain dans le lac.

Visite au bivouac d’une « cargaison » de Mongoles entassés dans un pick-up Ford, nous demandant si nous possédions une clé de 28 pour changer le simmering du pont arrière. Nous essayons de les aider du mieux que nous pouvons. Fièrement le chauffeur nous présente la pièce de rechange. Moult et nombreux efforts plus tard, nous nous apercevons que ce n’est pas la bonne ! Le pont arrière est remonté. Tout ça dans la bonne humeur et les chuintements de la langue mongole. Le pick-up reprend la piste du désert avec ses douze personnes à bord …

Mercredi 7 août 2013

De cette presqu’île qui sépare Khyargas Nuur et le plus petit lac Airag Nuur, nous revenons sur nos roues à Naranbulag (une trentaine de km) pour acheter du pain dans l’optique de se « prélasser » deux jours au bord du grand lac. Trouvé un pain sec, oublié dans le frigo de la boutique. On fera avec.

Le « gérant » de la station de carburant nous indique une piste contournant les gadoues et qui nous ramène sur une tôle ondulée, assez digeste. Trois ensablements du Sprinter et trois sauvetages Jean-Claude qui, de son côté, constate la rupture du support d’un amortisseur arrière. Il faudra retourner à Naranbulag chez le « mekhanik ». Pour l’heure, nous nous réjouissons de poser nos os durant deux jours sur les rives d’un lac en plein désert, dont la couleur change avec les humeurs du ciel, Tantôt bleu azur, bleu indigo ou turquoise.

Jeudi 8 août 2013

Farniente ! Quoique soins aux véhicules et nettoyage de l’intérieur qui en avait un sérieux besoin. Observations rêveuses sur le lac : peu d’oiseaux, goélands, cormorans, canards. En dose infime. Pas d’habitants, pas de pêcheurs, pas de bateaux. Un lac désert, entouré de désert. Autre constatation : la pureté de l’air. Le regard porte loin. Les verres des lunettes optiques sont toujours foncés. Et, le soir, les yeux gardent un éblouissement, comme lorsque, en pleine nuit, on fait de la lumière brusquement … divagations dues à l’inaction momentanée !

Grâce à Béatrice et à Josiane, et ça c’est primordial, les Liengme mangent chaud. Notre potager-mazout Wallas a rendu l’âme et a été remplacé par le « camping-gaz » de réserve. Merci !

Vendredi 9 août 2013

Troisième passage à Nuranbulag, village au bord de la nouvelle route goudronnée au milieu du désert. Jean-Claude a pu faire souder son support d’amortisseur par un soudeur consciencieux qui lui a proposé de renforcer le système. Et pour nous, il n’a pas été inutile d’accompagner nos amis : le filtre à huile du Sprinter, changé la veille, n’était pas étanche !

Bivouac au bord du lac Olgii Nuur sur la piste A1701 en direction de Khovd … où le guide LP nous promet un marché bien fourni.

Samedi 10 août 2013

Arrivée sur Khovd, grand bourg universitaire et industriel. Marché de légumes et de fruits (pastèques et melons, quelques abricots et de rares pommes). C’est animé et souriant. Le gros des achats se fera au supermarché, ou plutôt dans les deux que compte Khovd. Comme c’est samedi, tout est fermé : office du tourisme, banques et autres organismes qui auraient pu nous renseigner sur la fermeture aux étrangers du Bayan Olgii en raison d’une épizootie bovine et ovine. On verra !

Entre le lac Olgii et Khovd, paysages somptueux de montagnes rouges, vertes, brunes, blanches. Nombreux troupeaux malgré le peu de yourtes. Piste agréable pour une « route principale ». Nous y avons même croisé deux camions de 40 tonnes. Chapeau, les routiers !

Dimanche 11 août 2013

Quitté Khovd à 08h30, pas arrivés à Olgii le même jour ! 224 km entre ces deux villes de quelque trente mille habitants. Nombreux gués à traverser, certains assez difficiles. Entre Khovd et Bayan Enger, paysages magnifiques, montagnes multicolores, sommets chapeautés de glaciers (4200 m), cols vertigineux. Le plus haut accuse 2561 m d’altitude. C’est l’un des plus beaux paysages vus, et Dieu sait si la beauté de certains coins de ce pays nous a souvent soufflés. Rendus, nous bivouaquons entre piste et route en chantier, dans le doux murmure des camions qui approvisionnent en sable et en gravier la nouvelle route « du Sud », et les sifflements des marmottes – écureuils. La « poésie » des machines étouffe celle de la nature !

Demain Olgii, pays des aigles.

A bientôt.

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